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2 – Hypothèses

Comment Icon 1 Nous avons découvert un nouveau territoire :
le Flux.

Comment Icon18 2 Il nous invite à mener une vie spirituelle avec beaucoup de simplicité.

Comment Icon 3 Malheureusement nous souffrons tous du désir mimétique, désir d’imiter nos semblables. Dans le champ matériel, ce désir entraîne la surconsommation. Dans le champ spirituel, la fanatisation.

Comment Icon 4 Pour maîtriser notre désir mimétique, nous devons nous individualiser, c’est-à-dire devenir des individus uns et irréductibles.

Comment Icon 5 Nous nous individuons en devenant des nomades dans le Flux.

Comment Icon2 6 Une fois individué, nous abandonnons le consumérisme, nous transformons la société, la rendant à même d’affronter les problèmes écologiques, sociaux, économiques… Nous ouvrons une nouvelle époque de l’humanité.

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  1. Le flux invite à la simplicité, pas forcément à une vie spirituelle. A moins que l’on définisse le spirituel comme le non-matériel dans le sens du non attachement que prônnent certaines écoles spirituelles, ce que semble indiquer les paragraphes qui suivent..

    1. C’est dans ce second sens que j’utilise spiritualisé… je définis plus tard. Ces deux courts textes servent en fait de sommaire… et je devrais peut-être titrer ainsi pour que ce soit explicite.

      1. Le terme “spirit…” est dangereux, il fait peur en évoquant trop la moindre vie que mène un religieux.

        Un religieux n’a pas besoin d’une vie pleine dans le monde, car il croit à un autre monde.

        Quand on ne croit pas à un autre monde, la vie terrestre est la seule qui soit, et on ne veut pas en perdre une miette par un refuge dans une spiritualité étroite.

        -

        L’alternative au consumérisme matériel doit être attrayante, et je ne suis pas sûr que le mot spiritualité soit connoté de façon très positive dans l’esprit commun.

        Il faut montrer la jouissance de l’immatériel, qui inclut aussi toutes les jouissances artistiques, et puis l’amour bien sûr.

        Le problème de la spiritualité, c’est que la notion est contaminée par l’esprit ascétique, anti-jouissance, austère, du monde religieux.

        ça peut séduire des fanatiques, mais je ne suis pas sûr que tu vises le public qui est attiré par l’intégrisme religieux. :-)

        Il faut montrer que l’émancipation de la consommation matérielle laisse la place à une vie pleine et entière, pleinement satisfaisante, et que ce n’est pas juste dicté par un devoir écolo ou spirituel.

        Je n’ai pas conservé grand chose des idées de Nietzsche qui m’emballaient à 16-17 ans, mais il y en a une qui m’est restée profondément :

        c’est la grande jouissance qu’on éprouve dans le dépassement de soi.

        Cette jouissance qu’on trouve dans le sport, dans l’escalade d’un glacier par exemple, mais qu’on peut aussi trouver dans la vie quotidienne :

        au lieu de chauffer un appartement à 25 degrés et s’amollir, sentir la vie dans tout son piquant, avec une température un peu basse l’hiver

        Plus qu’une approche spirituelle, il faut avoir une approche un peu sportive, ce qui parle davantage à notre époque :

        montrer qu’il y a une jouissance à ne pas posséder un confort absolu, une jouissance à affronter une épreuve.

        Prendre la vie comme on prend une épreuve sportive, en ne cherchant pas la facilité immédiate, qui ne provoque que l’ennui.

        Valoriser l’épreuve et le manque, non pas à la façon d’un religieux qui interdit quelque chose,

        mais à la façon d’un grand sportif qui jouit dans le combat avec ses propres limites, face aux rigueurs de la nature.

        Avoir au quotidien un peu de cet état d’esprit qu’on a avec plaisir quand on part dans la montagne grimper sur un sommet. On ne cherche pas alors le confort mais la jouissance d’un défi relevé. On prend plaisir à n’avoir presque rien, parce qu’on vit dans l’exaltation de ce défi, et le corps libère plein d’hormones euphoriques dans les moments d’effort sur soi.

        Il faut euphoriser la vie non consumériste.

        1. Quel mot utiliser? Tu as défini ce que j’entends par spirituel… Toute activité d’échange immatériel est pour moi spirituelle. La marche par exemple au premier plan. Toute forme de jouissance bien sûr.

          Isabelle me fait remarquer que Spirituel est connoté négativement parce que justement nous vivons dans une civilisation matérialiste, qui a relégué le spirituel, pour mettre le physique en avant.

          On nous a mis dans la tête que le spirituel était dangereux, que le mot était dangereux… Peut-être ne faut-il pas avoir peur de l’utiliser pour lui redonner ses lettres de noblesses.

          1. Ax dis bien la même chose que toi. Il soulève le problème du sens commun pour spirituel. Il a raison. Je suis partagée sur la nécessité de donner un nouveau sens à un terme aussi usé. Faire du neuf avec du vieux ? Le lieu commun, celui du consumérisme, connote spirituel négativement. Vu d’ailleurs, d’un nouveau territoire, les connotations s’inversent, se renversent. Sois tu demandes à ta lectrice de faire l’effort de se placer dés le début du bouquin sur le nouveau territoire, soit tu l’aides un peu – auquel cas tu devrais choisir ou inventer un autre terme que spirituel.

          2. oh ben la la dis on peut pas éditer les comments ici ? je fais des fautes énormes là dis donc !

          3. esprit/spirituel vs matière/matériel
            abstrait vs concret

            je sèche  …

            chez Ax, je retiens :
            . jouissance de l’esprit, de l’immatériel
            . traverser l’épreuve du manque
            . exalter l’effort sur soi

            trouver plus court

  2. Le bon angle d’attaque me semble la distinction classique de l’être et de l’avoir.

    Mettre en avant l’être sur l’avoir, ce qui ne suppose pas un abandon du domaine corporel.

    L’être implique le corps, alors que le spirituel tend à l’exclure.

    Parler de l’être, plutôt que parler du spirituel.

    Etre, exister, agir, rencontrer, aimer…

    Plutôt que posséder et accumuler des objets qui pèsent sur le corps et l’encombrent.

    Le spirituel est une partie de l’individu, l’être est sa totalité.

    (Même si tout est dans le cerveau, la plupart des gens font une distinction entre l’activité du cerveau et les sensations “physiques”. Tu leur fais peur si tu veux restreindre la vie au cerveau.)

    On cherche une classe d’hommes et de femmes qui seraient des nouveaux aventuriers de l’être, cherchant de nouveaux rapports entre les hommes, qui ne reposent pas sur les possessions matérielles.

    Une rencontre longtemps désirée prend plus d’importance qu’un cadeau matériel.

    Une Rolex est désormais vue comme un objet ridicule, qui dévalorise l’individu qui y accorde de l’importance.

    On préfère qu’il ait une bonne conversation, et pas de Rolex.

    -

    Après, il est évident qu’au niveau de l’approche sociologique, et plus seulement personnaliste, on a le problème de l’organisation économique de la cité.

    Aujourd’hui, toute la société s’écroûle si les hommes cessent de consommer :
    destruction immédiate d’emplois.

    D’où mon insistance à refuser la gratuité de la culture : il faut au contraire porter l’essentiel de l’activité économique d’une nation vers l’immatériel.

    Tant que l’activité économique est liée au matériel, tu passes pour un terroriste comme Coupat quand tu refuses la société de consommation.

    L’approche politique doit aborder la question de l’emploi : comment les hommes gagnent leur vie dans le nouveau modèle non consumériste.

    On voit que le Web aujourd’hui n’a pas trouvé la réponse.
    Il ne valorise économiquement que des activités parasites et ridicules.

    Tant que le Web ne trouve pas de modèle économique pour des activités nobles, il y a un problème.

  3. En passant (vite), je note deux petites choses marrantes.

    Quand 000  nous parle de cette jouissance qui donne du sens à la vie, d’une façon presque sportive, de l’effort etc …

    Je n’ai pu m’empecher de penser à “Vivre” de Mihaly Czizenmihaly (je fais court). J’ai ai déjà parlé.

    Dans son livre il décrit ces moments pendant lesquels on se sent plus vivants, ces “expériences optimales” .. qui n’arrivent que quand (la tâche qui nous absorbe) est suffisamment difficile, ce qui nous oblige à nous concentrer plus, à plus investir le moment présent etc …

    Et ces moments là, il dit que ce sont les moments pendant lesquels tu expérimentes … le flux. C’est comme ça qu’il nomme et donc qu’il qualifie la particularité de cette énergie là.

    Dingue ? non ?

  4. - Dans la société traditionnelle, l’homme est défini par sa naissance, sa famille.
    Il est difficile de sortir du milieu d’origine.
    (On voit ça encore chez Proust, période hybride)

    qui es-tu ? = quelle est ta famille ?

    Grande rigidité.
    Peu de nomadisme de l’être social.

    - Dans la société moderne, l’homme peut sortir de son milieu d’origine, mais il est trop défini par son ascension sociale jugée économiquement : le salaire, le pouvoir d’achat, les possessions.

    qui es-tu = combien tu gagnes ?
    Quel est le rang social de ta profession ?
    Tu as le dernier Iphone ou tu es un plouc qui a encore le modèle de 2004 ?
    Le monde de la pub identifie l’homme à la marque qu’il possède, qu’il a les moyens de posséder.

    Nomadisme consumériste.

    - Dans la société du flux, on se rapproche de l’être véritable et libre, personnel :

    Sur un blog, quelqu’un peut choisir son être : il prend un pseudo, il n’est plus sa famille, il n’est plus son origine, il n’est plus une profession, il n’est plus un salaire, il n’est pas un costume de marque ou une Rolex.

    Il est tout entier ce qu’il dit, ce qu’il échange avec l’autre, ce qu’il construit.

    Le nomadisme devient cette possibilité d’être dans l’instant ce qu’on désire être, qu’offre le monde virtuel.

    Les limites sociales d’origine s’effacent, le salaire n’apparaît pas :

    l’homme est ce qu’il fait l’effort d’être dans sa relation à l’autre.

    (L’autre Iza dira qu’il y a encore une inégalité d’accès à l’éducation, à la culture et à l’échange par la conversation.)

    1. “Et ces moments là, il dit que ce sont les moments pendant lesquels tu expérimentes … le flux. C’est comme ça qu’il nomme et donc qu’il qualifie la particularité de cette énergie là.”

      Enorme !

      ça c’est de la pensée coopérative où les connexions s’interchoquent en faisant sens :-)

      Personnellement je vis depuis pas mal d’années avec cet état d’esprit, qui transforme la moindre difficulté en une expérience sportive exaltante, mêlée de curiosité scientifique : comment tout cela va-t-il évoluer et  finir ?

      Quand on voit le nombre de gens en France qui sont en dépression pour la moindre chose et se bourrent de somnifères…

  5. J’ai écris dans les années 1990 un livre Fainéanter sans ne rien faire sur les moments que décrit Iza. Je parlais alors d’hyperconscience : sensation d’être extrême.

    Ce paragraphe pourrait devenir :

    Il nous invite à être.

    (((Mais être s’est s’individuer. S’habiter pleinement)))

    1. biens vs liens
      avoir vs être
      tu as tout, là
      Il nous invite à être : manque le lien avec ton 3
      Il nous invite à être ‘pleinement’ ?

  6. “biens vs liens
    avoir vs être”

    Voilà. C’est une approche plus universelle que d’évoquer la spiritualité, qui fait peur en étant trop restrictive, trop connotée religieusement.

  7. J’ai virer du texte spiritualité et ça change tout de suite la coloration… être est en effet plus proche de ce que je veux dire.

    Bilan sur le commentPress… l’idée qu’il y a un texte derrière ces trois lignes doit foutre la trouille.

    ça veut dire que je n’ai pas d’autres possibilité que de faire passer mes chapitres comme des posts. Incognito :-)

    1. “l’idée qu’il y a un texte derrière ces trois lignes doit foutre la trouille”

      A une époque j’avais participé à un forum où l’on faisait ça pour les scénarios.

      ça ne marche pas.

      Les gens ne tiennent pas la longueur d’une écriture collaborative, quand il n’y a pas un cadre professionnel, avec engagement, salaire, etc.

      Le secret de Wikipedia c’est que c’est découpé en courts sujets indépendants. On n’est pas effrayé par l’idée d’une oeuvre à suivre pendant des semaines.

      Sur Wikipedia on collabore sur une page, qui forme un tout et n’oblige pas à plus.

      Par ailleurs, c’est toujours hyper difficile de créer un nouveau lieu, sur Internet.

      Les fidèles qui nous suivent sur une adresse ne suivent qu’en partie sur une autre qu’on vient de créer.

      En créant un lieu décentré de ton blog tu perds automatiquement une bonne partie des habitués.

      Le nouveau lieu n’a pas la force douillette de l’habitude, il est froid comme la chambre du premier soir à Balbec.

      Et l’idée d’un projet long, d’un long texte, effraie.

      1. ça conforte isa dans dans son idée qu’il faut créer encore des maisons d’édition…

  8. Cela relativise aussi bcp la force des réseaux sociaux.

    Il n’y a pas grand monde de tes milliers de contacts Twitter.

    Ces réseaux sociaux auto-détruisent leur force :

    comme chacun a des centaines ou milliers de contacts, plus personne n’est vraiment disponible.

    C’est complètement superficiel.
    ça marche pour s’exciter contre Jean Sarkozy, pas pour construire et travailler.

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  1. une fois “individués”. non ?

    1. Oui… j’hésite encore à savoir si je dois écrire nous (qui implique les hommes) ou je (car en fait c’est un travail sur soi avant tout)

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